à propos de la lecture

« Apprenez à me lire ! » Nietzsche, Aurore, §5

Dans l’introduction à Nietzsche, le corps et la culture, Éric Blondel remarque que « lire est toujours une entreprise risquée : l’affrontement d’une énigme, le risque d’une errance ». Certaines erreurs de lecture apparaissent comme des fautes quand elles confinent au contresens. L’intelligence du mauvais lecteur, est moquée. Pourtant, les torts sont partagés : l’erreur de lecture est rendue possible par l’équivoque du discours. La lecture n’est pas en effet le déchiffrement de caractères écrits mais l’interprétation d’un sens.

Le discours est complexe et articulé. Bien lire, c’est ainsi reconnaître et comprendre les images, les métaphores et autres tropes dont les textes usent et abusent. La langue ne se confond donc pas avec une simple nomenclature par laquelle les mots renverraient sans détour aux choses. Le lecteur ne se borne jamais à lire des étiquettes ; il recherche dans les mots écrits la sonorité de leur vérité. Parfois le lecteur subtil croit accéder à un sens que nul n’avait aperçu auparavant et devient présomptueux comme s’il était messager des dieux. Schleiermacher affirme par exemple qu’on peut, avec méthode, comprendre un auteur mieux qu’il ne s’est compris lui-même. On lui oppose rapidement que la conscience du lecteur n’est jamais la conscience de l’auteur et l’on n’aura pas progressé d’un pas.

En quoi consiste la vérité d’un texte que l’on veut rendre comprendre et faire comprendre ? Comment y accède-t-on ? Comment l’exprime-t-on ?

Quelle vérité de la lecture peuvent éclairer une brève histoire et une petite philosophie de la lecture ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>