Exister, est-ce simplement vivre ?

Dans le roman philosophique de Mary Shelley, Frankenstein ou le Prométhée moderne, Victor donne vie à une créature incapable d’exister dans le monde. Monstrueuse, elle erre à la recherche de son accomplissement selon le modèle humain qu’elle a observé : avoir des amis,une femme, un père (Victor) qui l’aime. Repoussée par les hommes, la créature est sans cesse ramenée à elle, à sa propre vie, à sa propre finitude, à son regard vitreux et jaune. La déréliction qu’elle ressent est sans fond et sans fin et l’amène à s’insurger contre son créateur dont elle se venge en tuant les proches. Si Frankenstein atteste la distinction possible entre la vie et l’existence, Mary Shelley montre aussi que ce qui est pensable en droit n’est pas tenable en fait. Exister, ce n’est pas en effet simplement vivre mais toujours vivre d’une certaine manière. Laquelle? A nous de l’examiner mardi 20 septembre en ayant peut-être à l’esprit la remarque suivante de Platon : « Une vie sans examen ne mérite pas d’être vécue » ( L’Apologie de Socrate).
Lectures possibles : Lettre à Ménécée, Épicure;

 Éloge de Socrate, Pierre Hadot.

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