S’affranchir des frontières ?

Pouvons-nous nous affranchir des frontières ?

Des limes romains au traité de Schengen en passant par Lampédusa et Berlin (aller-retour).

Du droit de l’humanité à l’asile et à l’hospitalité. De la légitimité du droit cosmopolitique et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

 De l’ambivalence de la notion de frontière ( entre nature et morale). Du franchissement de la frontière comme mise à l’épreuve de la civilisation, de la culture et de la morale de l’humanité. Rappel de Balibar sur l’étymologie : définir ou identifier c’est tracer une frontière ou assigner des bornes. Définir, c’est encore enclore dans des limites

Les frontières freinent-elles  les échanges entre les cultures ou les favorisent-elles? L’identification comme condition d’échange. Pour passer à la limite, s’affranchir d’une limite, un point depassage est requis.

Les frontières font-elles obstacle à l’émergence d’une citoyenneté mondiale ( cosmopolitisme) ou en attestent-elles la nécessité?

Paradoxe : critique de la frontière par les libéraux et les marxistes / défense des frontières par les réactionnaires ( contre révolutionnaires) et les partisans d’un État providence. L’enjeu d’une réflexion sur la notion de frontière se situe au-delà des querelles partisanes ou des enjeux géo-stratégiques contemporains. On pourrait reformuler la question plus simplement : comment l’homme se définit-il ?

Thèse :L’ambivalence de la notion de est l’indice de  notre responsabilité et de notre liberté. Le sens en usage ne relève d’aucune nécéssité.

Problème : Que révèle le franchissement des frontières sur l’état de culture? La surdétermination historique  de la notion, la polysémie de la notion (de valeur) et l’ubiquité des frontières ( zone de rétention)

Lors de la soirée du 16 février, il s’agira d’interroger la légitimité des frontières au sens juridique, politique et culturel, bref leur caractère indépassable, en mettant en évidence la tension réelle entre d’une part l’ universalité supposée de l’humaine condition (supposition d’un fait universel de l’humanité, signe d’une nature humaine déclarable dans les droits de l’homme) et les particularités  irréductibles des cultures ( us et habitus).

Derrière la critique du cosmopotisme et le plaidoyer en faveur des frontières, ne réside pas seulement la volonté de défendre un héritage historique favorable aux vieux Etats-nations. L’hypocrisie est certes en partie réelle mais elle ne saurait discréditer totalement la défense des frontières.

« Et ainsi, ne pouvant faire en sorte que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste » Pascal.

L’homme universel, qualifiée naguère  de manière péjorative comme  cosmopolite, dont Homère déplorait qu’il fût « sans lignage, sans loi, sans foyer »,serait selon ses adversaires un homme sans culture propre,sans histoire et  bien sûr sans qualité.

Le cosmopolitisme ne serait ainsi qu’un masque revêtu par les défenseurs des valeurs dominantes voire triomphantes d’une culture sur les autres. ( Voir critique rousseauiste des grands États).

Cet homme a été thématisé et décrit presque de manière prophétique par Marx ( Manuscrits parisiens) sous le nom de l’homme total ou l’homme complet

L’abolition des frontières entre la perspective du communisme ( comme universel concret selon Badiou ou comme universel abstrait selon Platon) s’origine-t-elle dans le point de vue cosmopolitisme de Kant  ou le cosmopolitisme des Stoïciens voire de Diogène ( «  Je ne suis ni athénien ni grec : je suis citoyen du monde ») et la perspective libérale.

Perspective du catholicisme.

Une défense des frontières est-elle possible  comme môle de résistance des droits sociaux ? Thèse de Balibar.

Revenir à un droit cosmopolitique distinct du droit d’ingérence proclamé en vertu d’un droit international  voire des droits de l’homme ? Racisme ?

La frontière comme mise à l’épreuve de l’humanité

I/ Les frontières : une réalité de fait et de droit ; la notion dont le ressort est de convention présuppose notre liberté .

II/ C’est parce que les frontières existent qu’elles se franchissent. Le franchissement comme signe du dépassement. Le droit cosmopolitique ( devoir d’hospitalité et d’accueil sans résidence).  La place des hommes dans les échanges.

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